GUIDE D'ACHAT· Démarches
Certificat 846 A : à quoi il sert, quand il remplace le quitus fiscal, ce que coûte le dédouanement d'un véhicule hors UE, les pièces à fournir et les délais réels.

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Une voiture repérée en Suisse, un 4x4 rapatrié du Royaume-Uni, un coupé ramené des États-Unis, un véhicule expédié depuis la Guadeloupe ou la Polynésie : dans tous ces cas, la préfecture ne délivrera aucune carte grise française tant qu'un document précis ne figure pas au dossier. Il porte un numéro plutôt qu'un nom, le certificat 846 A, et il n'est remis qu'au terme d'un passage en bureau de douane. Ce guide explique ce que ce certificat atteste réellement, quand il remplace le quitus fiscal, ce que le dédouanement ajoute à la facture, et comment l'obtenir sans faire capoter l'immatriculation.
Le certificat de dédouanement n° 846 A est le document que la douane française remet après le paiement des droits et taxes sur un véhicule importé. Sa fonction est administrative avant d'être fiscale : il sert de preuve, présentée au service qui instruit votre demande de certificat d'immatriculation, que la situation douanière du véhicule est régularisée.
La douane le décrit sans ambiguïté : ce certificat justifie que vous avez payé les droits et taxes, et vous devez le présenter là où sera immatriculé votre véhicule. Il n'est donc pas un document de circulation, ni un titre de propriété, ni une attestation technique. Il ne dit rien de l'état de la voiture ni de sa conformité aux normes européennes. Il ferme un seul chapitre du dossier : celui de la fiscalité à l'importation.
Deux conséquences pratiques en découlent. D'abord, le 846 A est délivré après le règlement, jamais avant : impossible de monter un dossier d'immatriculation en attendant de payer. Ensuite, il est aussi émis lorsque vous bénéficiez d'une franchise, c'est-à-dire d'une exonération de droits et taxes. Dans ce cas, il atteste non pas le paiement mais la régularité de la situation. C'est la raison pour laquelle un déménagement depuis un pays tiers, qui ne donne lieu à aucun versement, passe malgré tout par ce certificat.
C'est la confusion la plus fréquente, et elle coûte des semaines à ceux qui la commettent. Les deux documents ne sont pas interchangeables, et ce n'est pas la distance qui les départage.
Le quitus fiscal concerne un véhicule acheté dans un autre État membre de l'Union européenne. Il est délivré par le service des impôts et porte sur la seule TVA. Une Audi achetée en Allemagne, une BMW aux Pays-Bas, une Mercedes en Belgique relèvent de ce circuit. Notre guide dédié au quitus fiscal détaille cette procédure.
Le certificat 846 A concerne un véhicule qui entre dans le territoire douanier ou fiscal français depuis l'extérieur. Il est délivré par la douane et porte sur les droits de douane et la TVA. La Suisse, le Royaume-Uni depuis le Brexit, les États-Unis, le Japon relèvent de ce circuit.
La frontière géographique n'épuise pas la question, et c'est là que le raisonnement devient contre-intuitif. La douane range aussi dans le champ du dédouanement plusieurs situations qui ne ressemblent pas à un import lointain :
Ce dernier cas piège régulièrement les acheteurs de voitures de sport : un modèle vendu neuf en Europe, exporté vers un pays du Golfe puis rapatrié quelques années plus tard, n'est plus considéré comme communautaire. Le régime des marchandises en retour peut parfois s'appliquer et ouvrir une exonération, mais cela se vérifie auprès d'un bureau de douane, pas dans une annonce.
Le montant se construit en deux temps, et l'ordre compte. Les droits de douane s'appliquent d'abord à la valeur, puis la TVA s'applique à la valeur augmentée de ces droits. Ce mécanisme en cascade explique pourquoi la charge totale dépasse la simple addition des deux taux.
| Élément | Pays tiers sans accord avec l'UE | Pays tiers avec accord |
|---|---|---|
| Droits de douane, voiture particulière | 10 % | Réduits ou nuls selon l'accord |
| Droits de douane, moto de 250 cm3 au plus | 8 % | Réduits ou nuls selon l'accord |
| Droits de douane, moto de plus de 250 cm3 | 6 % | Réduits ou nuls selon l'accord |
| TVA | 20 % | 20 % |
| Base des droits | Valeur hors taxes plus frais annexes | Valeur hors taxes plus frais annexes |
| Base de la TVA | Valeur plus droits de douane plus frais annexes | Valeur plus droits éventuels plus frais annexes |
| Charge cumulée sur une voiture particulière | Environ 32 % de la valeur | 20 % si les droits sont nuls |
Sur une voiture de 40 000 euros venue d'un pays sans accord, la mécanique donne 4 000 euros de droits, puis une TVA de 20 % calculée sur 44 000 euros, soit 8 800 euros. Le dédouanement seul représente 12 800 euros, avant le convoyage, avant le certificat de conformité, avant la carte grise et avant l'éventuel malus. L'écart de prix qui justifiait l'import s'évapore souvent à cette ligne.
Le régime préférentiel change tout, mais il se prouve. Si le véhicule est originaire d'un pays lié à l'Union par un accord, un certificat d'origine préférentielle visé par la douane du pays de départ, EUR.1, EUR-MED, DOF ou FORM.A selon le cas, ouvre un droit réduit ou nul. Sans ce document au moment du dédouanement, le taux plein s'applique, et l'on ne rattrape pas facilement un justificatif d'origine après coup.
Beaucoup d'acheteurs raisonnent comme si le prix payé s'imposait à l'administration. Ce n'est pas le cas. La base de taxation est la valeur hors taxes du véhicule standard, augmentée le cas échéant des frais annexes : transport, options, équipements spéciaux.
Lorsqu'il y a eu vente, la valeur retenue est le prix transactionnel figurant sur la facture, à condition qu'il corresponde effectivement à la somme versée. Entre particuliers, la facture est remplacée par un certificat de vente signé du titulaire du document de circulation et mentionnant le prix de cession. Mais la douane conserve un pouvoir d'appréciation sur la valeur déclarée : une facture jugée anormalement basse est écartée, et la valeur est alors reconstituée par d'autres méthodes.
Sans achat, ou en cas de contestation, la valeur se détermine par référence à la cote de publications spécialisées, l'Argus par exemple, au prix catalogue du neuf, à la valeur de véhicules semblables, ou par expertise. Un coefficient de vétusté peut s'appliquer, variable selon le type, l'âge et la source de cotation. La douane cite l'exemple d'une valeur Argus minorée de 15 %.
La conséquence est simple à formuler : sur un véhicule rare, une sportive ou un modèle sans cote française claire, le montant du dédouanement n'est connu avec certitude qu'au bureau de douane. Budgéter un import hors Union européenne au centime près relève de l'illusion.
Le dossier remis au service des douanes comprend, dans tous les cas :
Un point technique passe souvent inaperçu et bloque des dossiers : les plaques d'immatriculation étrangères doivent être valides au moment du dédouanement. La douane ne considère pas comme valides des immatriculations étrangères reproduites sur des plaques françaises, ni des plaques de transit temporaire dont la date de validité est expirée, ni plus généralement des plaques non conformes aux articles R. 317-8 et R. 322-3 du code de la route. Autrement dit, faire poser des plaques françaises avant de se présenter à la douane est exactement l'erreur à ne pas commettre.
Le service établit ensuite une taxation d'office sur vos indications, sauf en cas de transfert de résidence. Le paiement s'effectue en euros, en espèces, par chèque ou par carte bancaire lorsque le bureau dispose d'un terminal. Au-delà de 1 524,49 euros, un chèque certifié ou un chèque de banque est exigé. Après règlement, la douane remet trois pièces : un exemplaire de la déclaration en douane, une quittance, et le certificat de dédouanement n° 846 A.
La demande peut également être déposée en ligne sur la plateforme des démarches de l'État, avec un temps de remplissage estimé à six minutes. Les délais d'instruction constatés y sont publiés : environ quatre heures dans le meilleur des cas, environ trois jours lorsque le dossier demande quelques échanges, environ sept jours s'il est incomplet. Ces ordres de grandeur valent pour un dossier propre : ils ne couvrent ni le transport du véhicule, ni la commande d'un certificat de conformité, ni l'instruction de la carte grise.
Si vous résidez depuis plus d'un an hors de l'Union européenne, dans un département ou une collectivité d'outre-mer ou en Nouvelle-Calédonie, et que vous vous installez définitivement en France métropolitaine, votre véhicule est admis en franchise de droits et taxes. Trois conditions cumulatives s'appliquent, et le véhicule doit figurer sur l'inventaire de vos biens établi en deux exemplaires :
La franchise ne dispense pas du certificat 846 A : elle en change seulement le contenu, puisque le document atteste alors l'exonération plutôt que le paiement. Acheter une voiture trois semaines avant de rentrer en France, dans l'idée de profiter du déménagement, échoue donc sur la condition des six mois de détention.
C'est le scénario le plus coûteux, et la douane elle-même met en garde. Une voiture déjà présente sur le territoire, avec des plaques étrangères, vendue par un particulier ou un petit intermédiaire, n'est pas forcément dédouanée. Le vendeur peut l'avoir fait entrer sans formalité, ou l'avoir importée sous un régime temporaire.
La recommandation officielle est directe : avant d'acheter, assurez-vous que le propriétaire a bien dédouané le véhicule, et faites-vous présenter le certificat 846 A qui lui a été délivré, celui-là même que vous devrez produire lors de l'immatriculation. Sans ce document, la dette douanière ne disparaît pas avec le changement de main. Vous vous retrouvez avec une voiture payée, garée devant chez vous, et impossible à immatriculer sans régler des droits que vous n'aviez pas budgétés.
Le contrôle est simple et gratuit : demander le 846 A, vérifier qu'il porte bien le numéro de série du véhicule, et refuser l'achat s'il n'existe pas. Aucune promesse orale ne remplace ce papier.
Le certificat de dédouanement règle la fiscalité, pas l'homologation. Pour obtenir une carte grise française, il faut encore réunir les autres pièces exigées d'un véhicule venu de l'étranger, que détaille notre guide sur l'immatriculation d'une voiture étrangère :
La douane rappelle par ailleurs qu'un contrôle de réception à titre isolé peut être requis selon le véhicule, et que certains types, voitures de collection, répliques, véhicules spéciaux ou transformés, obéissent à des règles particulières à vérifier auprès d'une direction régionale des douanes.
Les trois voies ne se valent ni en coût, ni en charge administrative, ni en risque. Le tableau ci-dessous les met en regard sur les points qui décident réellement du budget final.
| Import hors UE en directVous dédouanez vous-même | Mandataire importateurIntermédiaire à commission | LLD JoinsteerPremium livrée immatriculée | |
|---|---|---|---|
| Certificat 846 A à obtenir | Oui, auprès du bureau de douane | Oui, monté par le mandataire | Sans objet, véhicule déjà français |
| Droits de douane sur la valeur | 10 % sur une voiture particulière | 10 %, refacturés | Sans objet |
| TVA à 20 % à avancer | Oui, sur valeur plus droits | Oui, refacturée | Sans objet, incluse dans le loyer |
| Valeur retenue si la facture est contestée | Cote ou expertise imposée par la douane | Négociée par le mandataire | Sans objet |
| Certificat de conformité européen | À commander, homologation possible | Généralement fourni | Sans objet |
| Dossier ANTS et carte grise française | Vous montez le dossier | Mandat d'immatriculation | Véhicule livré immatriculé |
| Malus à la première immatriculation française | À votre charge | À votre charge | Intégré au loyer |
| Délai entre le paiement et la route | Plusieurs semaines, transport maritime compris | Deux à six semaines | Livraison planifiée à la commande |
| Synthèse : sur un véhicule venu d'un pays tiers, le dédouanement ajoute environ un tiers de la valeur avant même la carte grise, et la douane garde le dernier mot sur la valeur retenue. La location longue durée d'un véhicule déjà immatriculé en France supprime le 846 A, les droits et le malus d'un seul coup.Voir la sélection | |||
Le raisonnement qui pousse vers un import hors Union européenne est presque toujours le même : le même modèle coûte moins cher ailleurs. Il tient tant que l'on regarde le prix affiché, et il cède dès que l'on additionne les droits, la TVA calculée en cascade, le transport, la conformité et le malus. S'y ajoute une part que personne ne chiffre : le temps passé, et le risque de tomber sur un dossier que la douane reconstitue à sa propre valeur.
Joinsteer prend le problème par l'autre bout. Les véhicules proposés sont déjà en règle sur le plan douanier et fiscal, et livrés immatriculés en France. Il n'y a ni 846 A à obtenir, ni quitus à demander, ni malus à avancer, puisque ces éléments sont réglés en amont et intégrés au loyer. Le marketplace agrège plus de 85 000 véhicules premium, dont une forte proportion de Porsche, Mercedes, BMW et Audi, exactement les marques que l'on cherche à importer pour quelques milliers d'euros d'écart apparent.
La location longue durée déplace aussi la question de la valeur, et c'est là que l'arbitrage se tranche. Sur un import, la valeur du véhicule détermine d'abord ce que vous versez à la douane, puis ce que vous perdrez à la revente. Sur une premium de 60 000 euros, la décote atteint couramment la moitié du prix en quatre ans : 30 000 euros que l'acheteur comptant supporte intégralement, et que le crédit auto alourdit encore de ses intérêts et d'un entretien resté à votre charge. En LLD, ces 30 000 euros sont portés par le loueur, le loyer est connu à la signature, l'entretien et l'assistance sont intégrés, et la restitution clôt le sujet sans négociation de revente. Sur le segment premium, c'est l'option dominante, et de loin. Notre guide sur le financement d'une voiture de mandataire détaille cet arbitrage chiffré.
Vous hésitez encore entre rapatrier le véhicule que vous avez repéré et prendre le même modèle déjà immatriculé en France ? Chiffrez les deux scénarios avant de vous engager : parcourez la sélection Joinsteer et demandez une proposition personnalisée. Un conseiller vous répond avec un loyer ferme, entretien et livraison compris, partout en France.
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